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Des compétences pour demain

Depuis 2017 Polytechnics Mauritius propose un enseignement technique supérieur en adéquation avec les besoins changeants de nos industries. Ces apprentissages gratuits sont axés sur des pratiques professionnelles spécialisées. L’ouverture récente du campus de Rodrigues et de Rose-Belle confirme le virage technique en cours sous l’impulsion de Yamal Matabudul, Chief Executive Officer de l’institution. 

Etat des lieux 

Les chiffres de Statistics Mauritius sont sans appel. Sur les 48,000 étudiants inscrits pour une formation tertiaire chaque année, seuls 6,65% s’orientent vers une formation dans le secteur de l’Information Technology contre 21,9% vers une formation comptable. 

Or, les métiers de l’Information Technology (IT) représentent 23% des jobs postés sur les plateformes de recrutement actuellement contre 18% pour les métiers relatifs à la comptabilité. Le gap est conséquent. Le manque à gagner sur le marché de l’emploi, tout autant. (Lien vers le papier sur le recrutement)

Réduire l’écart l’offre et la demande en matière de compétences sur le marché de l’emploi est vital pour l’avenir. Miser sur la formation et sensibiliser les collégiens et lycéens sur l’état du marché de l’emploi et les filières de rareté sont des conditions sine qua non pour y parvenir. 

C’est la mission de Polytechnics Mauritius (PM) depuis sa création en 2017 : faire de sorte que le higher technical education soit le premier choix pour décider de son avenir après un cursus scolaire classique. 

L’avantage c’est que 3 ou 4 credits suffisent au niveau de la School Certificate. Exception faite de l’Ecole d’infirmières. Pour s’y inscrire, il faut les 5 credits imposés par le ministère de l’Education nationale. 

L’école d’infirmières, en partenariat avec C-Care, a déjà quinze inscrits. Tous seront en stage intensif dans les cliniques C-Care à chaque étape de leur formation. 

Qu’est-ce que l’éducation polytechnique ? 

Son objectif premier est de se rapprocher toujours plus du monde de l’entreprise. Il existe donc des partenariats étroits entre l’institution et diverses entreprises du pays. « Notre enseignement est non-conventionnel. Il est axé sur le développement de compétences telles que recherchées par les entreprises. Tous nos cursus sont élaborés à partir de partenariats précis avec les entreprises et les institutions internationales. Nous nous inspirons des meilleurs et nous adaptons notre enseignement au contexte mauricien», explique Yamal Matabudul. L’institution fait du sur- mesure. D’où son slogan : « crafting careers. » 

Les stages en entreprise sont décidés à l’avance. Ils durent entre quatre et six mois par année de formation. Objectif ? Que l’expérience pratique des étudiants soit en adéquation avec les besoins des entreprises qui les vont les employer et qu’ils soient opérationnels sur le terrain dès la fin de leur cursus d’apprentissage. 

D’ailleurs Yamal Matadudul se permet quelques visites surprises pour s’assurer de la prise en charge complète de ses étudiants. Créer des gestionnaires et des dirigeants qualifiés et compétents, est l’autre mission de l’institution. 

Ses cursus

Depuis 2017, Polytechnics Mauritius répond aux besoins des entreprises dans quatre secteurs :- IT et les technologies émergentes, loisirs, tourisme et hospitalité, santé & science et l’ingénierie. 

Pour ces cursus, les outils technologiques dernier cri sont disponibles, tout comme des laboratoires de travaux pratiques pour les cursus d’ingénierie. 

La cellule “Recherches” de de l’institution travaille de concert avec les “programmes leaders” de Polytechnics Mauritius et les entreprises pour identifier les partenaires avant de proposer des étudiants en stage. 

Pour le secteur de l’ingénierie, trois nouveaux programmes sont dispensés depuis cette année : interior architecture, architecture studies et aquaculture with entrepreneurship. 

Le modèle d’enseignement

L’apprentissage chez Polytechnics Mauritius, est calqué sur le modèle des 4P – Practice-based immersion (immersion basée sur des expériences réelles ou simulées), Project-based learning (apprendre en s’engageant activement dans des projets à impact significatif), Portfolio (lived-in experience incluant un work-integrated learning avec un mentor et un superviseur lors des stages en entreprises) et le Peer-to-Peer (en classe en s’asseyant en groupe et en changeant régulièrement de groupe pour échanges plus riches et plus variés.

Ce modèle d’enseignement fédère autour du « poly identity » axé sur les soft skills & sur les concepts de creativity, action & service.  

 

Quelques chiffres

2, 400 étudiants sont inscrits sur les 3 campus régionaux – avantage aux filles, plus nombreuses sur les campus. 23 programmes académiques sont proposés. L’institution compte 11 partenaires internationaux en Malaisie, Australie, Singapour, Inde, Canada, Suisse, entre autres. 

Les chargés de cours sont une trentaine à plein temps et une quarantaine à mi-temps. Parmi eux, des éducateurs étrangers interagissent par visioconférence ou en présentiel quand la situation sanitaire le permet.

Enfin, Polytechnics Mauritius est une entreprise d’Etat opérant sous l’égide du ministère de l’Education supérieure avec des dirigeants et des chargés de cours travaillant tous sous contrats.

Les campus

Réduit Triangle : pôle Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et technologies émergentes. 

Montagne-Blanche : pôle tourisme & hôtellerie.

Pamplemousses : pôle médical, paramédical et ingénierie. 

Rose-Belle & Rodrigues offrent les mêmes cursus. L’objectif étant de régionaliser au mieux pour accueillir davantage d’étudiants. 

A Rodrigues,dans le centre Antoinette-Prudence à Malabar, l’accent est mis sur l’Industrial logistics et les arts créatifs.

Le recrutement 

Pour être étudiant à Polytechnics Mauritius il ne suffit pas de remplir un dossier. Outre les journées d’orientation, les aspirants étudiants passent en salle de simulation (une sorte de laboratoire d’expérimentation pratique) avant d’être acceptés. 

Les secteurs émergents en pôle position 

S’ils étaient nombreux au départ à être inscrits en tourisme, les secteurs émergents ont la côte depuis la crise-Covid. 

La filière « Internet of things » (objets connectés) suivi par celui de big data, de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle, ont la côte. 

En 2010 on comptait environ 1 milliard d’objets connectés dans le monde. Ce chiffre passera à 50 milliards en 2025 pour atteindre 100 milliards d’ici à 2030. Ces objets utiles, dans le secteur de la santé, de la sécurité, du confort, composent la panoplie des métiers de demain. 

Dans nos futurs « smart homes », la domotique (ensemble des gestions automatisées : verrouillage des portes à distance, caméras de surveillance intelligentes, connectés aux téléphones portables), requiert des compétences pointues. 

Le Big data c’est quoi ? 

Le Big data permet d’analyser une quantité importante de données variées. Ceci permet de prendre des décisions plus éclairées, prédictives et surtout globales. L’analyse Big data permet aux entreprises opérant dans le secteur du business intelligence de proposer de meilleures expériences à leurs clients parce qu’elles comprennent mieux les attentes du marché. 

Les programmes de Polytechnics Mauritius s’articulent autour de Machine learning, Relational Management Database System (RMDS), Big data, Query languages, Data Warehouse ; Data Minings & Analytics. Les métiers d’avenir sont aussi concernés : Data Engineering, Data Scientist, Security Engineering, Database Manager, Data Architect, Technical Recruiter, entre autres. 

Pour en savoir davantage : www.poly.ac.mu

Yamal Matabudul : le bâtisseur 

Pédagogue-né, le CEO de Polytechnics Mauritius est surtout un bâtisseur de carrières. Alors que pour beaucoup, il faut réussir. Pour lui, il faut réussir mieux. Chaque individu naît avec des compétences. Il suffit de les développer. 

C’est pour cela qu’il va dans les classes. Il veut voir les potentiels et les identités s’exprimer. Il mobilise ainsi toutes les ressources techniques et pédagogiques pour que l’expérience individuelle devienne collective. Pas étonnant que ses étudiants viennent en cours motivés. 

Leur chef d’établissement prône l’épanouissement plutôt que la compétition. Résultat ? Des étudiants performants, coopérants, créatifs. Et dès qu’ils se retrouvent sur le marché du travail, ils sont productifs et résilients.

Cette pédagogie centrée sur l’humain et le collectif, Yamal Matabudul l’a expérimentée à 16 ans. Il quitte alors le collège John Kennedy où l’on voit en lui un futur lauréat, pour rejoindre le réseau United Role College. Il décroche une bourse d’études pour passer son baccalauréat international à Pune, en Inde.

Ce boarding school perdu au milieu de nulle part fait de lui un apprenant heureux. Il y découvre également la bienveillance de ses mentors ainsi que la force de l’apprentissage collectif et collaboratif. 

Il s’envole ensuite pour le Canada. Il y passe onze années entre Montréal et Toronto. Il travaille et étudie. Trois masters plus tard, dont le dernier en Higher Education de la prestigieuse université d’Oxford, indique que sa voie est toute tracée. 

Il s’épanouit dans divers cabinets de management consulting avant de goûter aux plaisirs du recrutement et du HR Consulting. Il ouvre ensuite une agence de tutoring avec d’autres pour accompagner des apprenants. Puis l’appel du pays l’incite à rentrer. Il atterrit à Business Mauritius puis au ministère de l’Education. 

En 2017, lorsque Polytechnics Mauritius est créé,  il est appelé à rendre ses lettres de noblesse à l’éducation technique supérieure. « Ma mission n’est pas de faire rentrer tout le monde dans le même moule. L’objectif est de porter cette éducation technique supérieure de qualité à un autre palier. Qu’elle devienne le premier choix pour un élève qui ambitionne d’être un professionnel compétent qui veut faire carrière et être rémunéré en conséquence. »

Chez Polytechnics Mauritius, la rigueur et la discipline sont de mise. La bienveillance et la créativité aussi. Le mot d’ordre : « doing not only learning. »

En surfant sur le développement personnel aussi bien que sur l’apprentissage de compétences, l’institution forge des professionnels critiques et éclairés. Cet « accompagnement expérimental  et collégial », comme le définit Yamal Matabudul, balise le terrain pour un système éducatif moins élitiste et plus centré sur l’humain.

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