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Les entreprises mauriciennes se remettent à recruter

Quels secteurs surfent sur la vague Covid et lesquels piquent du nez ? Quelle est votre analyse ?

La pandémie a changé l’ordre et le poids de certaines industries sur le marché du travail. Ainsi, le tourisme, l’hôtellerie, la restauration et les loisirs sont les secteurs les plus affectés par la pandémie. L’Information Technology (IT) et le Web en ont plutôt profité. 

La dévalorisation de la roupie a également rendu les Business Process Outsourcing (BPO) mauriciens plus compétitifs sur le marché international et provoqué de la croissance dans ce dernier secteur. 

Comment envisager demain dans le secteur du recrutement alors que l’incertitude demeure ? 

Certes les derniers chiffres du chômage sont alarmants : 9,8% au premier trimestre de 2021 contre 6,8% sur la même période en 2020. 

Malgré une frilosité encore palpable, nous constatons que les entreprises se remettent à recruter : en témoigne une multiplication par 4 du nombre de job postés en juillet 2021 par rapport à juillet 2020.

Nous attendons avec impatience les nouveaux chiffres du chômage. Ils confirmeront ou infirmeront notre impression générale en tant que professionnels du recrutement. 

Quelle serait la solution pour rééquilibrer l’offre et la demande au niveau du recrutement alors qu’il existe une inadéquation entre les compétences des employés et les exigences du marché de l’emploi ? 

Aujourd’hui le nombre de nouveaux inscrits en formation tertiaire tourne autour de 48 000 étudiants par an. Parmi 6,65% seulement s’orientent vers une formation IT contre 21,9% vers une formation comptable, selon Statistics Mauritius. Or, les métiers de l’IT représentent 23% des jobs postés sur nos plateformes aujourd’hui contre 18% pour les métiers relatifs à la comptabilité.

Aujourd’hui, les compétences qu’on ne peut pas trouver sur le marché local, nous les faisons venir de l’étranger. Ceci présente des avantages pour le marché local en termes de transfert de compétences, mais néanmoins un très grand manque à gagner pour l’emploi local et la compétitivité de Maurice sur le plan international.

La meilleure façon de rééquilibrer l’offre et la demande de compétences sur le marché de l’emploi est de miser sur la formation et sur une sensibilisation accrue des collégiens/lycéens sur l’état du marché de l’emploi et les filières de rareté. 

La pandémie peut agir comme un accélérateur pour ceux qui y voient une opportunité. Qu’en est-il du côté de MeetYourJob (MYJ) ? 

En tant que professionnel du recrutement, la pandémie et la baisse drastique du nombre de recrutement dans les entreprises mauriciennes a d’abord été vécue comme un orage pour nous. 

Comme beaucoup, notre chiffre d’affaires a baissé significativement. Nous avons dû licencier, changer de bureau, réduire les salaires. Puis nous avons appris à danser sous la pluie.
Nous nous sommes réinventés. Nous nous sommes orientés vers de nouveaux marchés. Nous avons approché des secteurs en croissance, développé de nouveaux services, perfectionné nos outils et automatisé nos process. 

Finalement la pandémie nous a permis de prendre du recul pour mieux redémarrer. A posteriori, la crise est devenue une opportunité. 

En 2019, MYJ a racheté la plate-forme Careerhub.mu, une plate-forme de publication d’annonces d’emplois. Puis vous avez lancé la plate-forme de recrutement de freelances. Le freelancing est-il l’avenir de l’emploi ? 

Depuis le lancement de notre solution freelance, nous avons connu un succès fulgurant sur les inscriptions : +1,500 freelances inscrits sur les trois premiers mois. 

Les compétences les plus représentées dans notre communauté sont les freelances en communication/marketing, web development/IT/data, photographie/design/audiovisuel ou encore traduction/rédaction.
Ce sont des métiers où le travail à distance est possible ; mais également des métiers d’agence, où les profils se trouvent facilement mieux rémunérés lorsqu’ils sont indépendants.

Pour les freelances, c’est une solution qui est dans l’air du temps. Elle répond au besoin grandissant de liberté et d’indépendance des nouvelles générations, à la démocratisation du télétravail et du « remote working »

C’est aussi un mode de travail qui témoigne de la précarité de certains métiers et le besoin de nombreux professionnels de toucher un revenu complémentaire. Précarité accélérée avec la pandémie, l’augmentation des prix et la dépréciation de la roupie.

Quid des entreprises ?  

Pour les entreprises, passer par des freelances permet de s’offrir des expertises pointues sans en supporter les charges financières sur le long terme. C’est une solution flexible et extrêmement qualitative. 

Néanmoins, de nombreuses entreprises y restent encore réfractaires. Notre rôle en tant qu’intermédiaire est justement de réduire les facteurs risques (articulation vie privée/vie professionnelle compliquée, marges de manœuvres limitées en raison du faible engagement des salariés) qui pourraient freiner certaines collaborations.

Que faites-vous concrètement ?

Nous travaillons en ce moment sur un nouveau modèle d’animation de notre communauté de freelances qui nous permettra de libérer du temps sur la communication et la sensibilisation des entreprises à ce nouveau modèle de travail

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Pour aller plus loin

Selon Statistics Mauritius. 6, 474 « Termination of contract » ont été enregistrés au ministère de l’Emploi du 4 janvier au 13 août 2021. Le taux de chômage s’élève à 9,8% pour le premier trimestre de 2021. Comment se porte le secteur du recrutement après deux confinements et les bouleversements qu’il a engendrés ? Marine Biarnes, General Manager de MeetYourJob nous aiguille. 

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